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Photos : Sergio Goya pourTélérama
Au tribunal de Mendoza le 7 février 2011, MM. Robin témoigne au procès contre la junte. Lire à ce sujet : 2011 03 Télérama : "Quand la France exportait sa torture"
« Les « aveux » de trois généraux de la junte militaire du général Videla ont déclenché une vague de réactions sans précédent.
 
Télérama
Dès sa diffusion en France le film génère une onde de choc dont l’ampleur est particulièrement importante en Argentine où l’on parle de « commotion nationale ». C'est en effet la première fois que des membres de la junte militaire reconnaissent qu’ils ont pratiqué la torture et la disparition forcée de manière systématique. Le 1er septembre 2003, alors même que le film n’est pas encore sorti en Argentine, le quotidien Pagina 12 édite une retranscription de ses interviews et la grande chaîne privée Téléfe en diffuse de larges extraits. Aussitôt après l’Etat major argentin organise une réunion de crise et le Ministère de la défense dégrade les généraux ayant témoigné. C'est que Escadrons de la mort : école française  est un reportage autant historique que d’actualité. Grâce à ses révélations des centaines de poursuites judiciaires ont été relancées en Argentine et Marie-Monique Robin a été plusieurs fois citée à comparaître devant les tribunaux pour témoigner (contre les hommes du général Diaz Be ssone à Corrientès en 2008, et contre d’autres membres de la junte en février 2011). Ne serait-il pas temps que la France prenne exemple sur l’Argentine ? Le reportage a suscité plus de remises en cause historique de l’autre côté de l’Atlantique que sur ses propres terres ! C'est en vain qu’en septembre 2003 les députés verts Noël Mamère, Yves Cochet, Martine Billard demandent la constitution d’une commission d’enquête parlementaire afin d’éclaircir le rôle de la France dans le soutien aux régimes militaires d’Amérique latine… la demande est rejetée par la commission des Affaires étrangères alors présidée par Edouard Balladur qui affirme que « les allégations portées sur le rôle de la France en Amérique Latine dans les années 1970 sont sans fondement sérieux ». Sans sérieux ? Ce n’est pourtant pas ce que pense le club audiovisuel de Paris qui, le 10 mars 2004, décerne au reportage le prix du « meilleur documentaire politique de l’année » (lauriers du Sénat). Ce n’est pas non plus ce que pense le médiateur de la République, Bernard Stasi, qui, lors de la remise du prix, lui rend hommage : « J’ai honte pour la France. J’espère que nous aurons le courage de faire toute la lumière sur cette face cachée de notre histoire pour que nous ayons enfin le droit de nous revendiquer patrie des droits de l’homme. »
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Escadrons de la mort, l'école française